June 28, 2009

Bordel Ambiant

Mythos Dresden - Acte 6

Cet article fait suite à la cinquième partie et est la conclusion de mon voyage jusqu’à Dresde.


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20h36, près d’Erfurt.

Et bien, ça y est ! Belle aventure aujourd’hui. J’ai commencé par retourner à Gießen à pied. 2h de route, ça m’a fait les pieds, c’est le cas de le dire. Je suis repassé devant le village américain et j’ai revu le garde. Il m’a souhaité bonne chance et je suis reparti. 500 mètres plus loin, j’ai trouvé un petit coin pour manger mon riz au cube, riz³ tiens ! J’ai ensuite fait du stop pour aller à Alsfeld.

Un jeune pas très aimable m’a pris et déposé 10km plus loin à un endroit un peu pourri. J’ai attendu un peu mais finalement un mec m’a pris et déposé à Grünberg, à 20km de Gießen. Il m’a laissé à un arrêt de bus à la sortie du bled. Parfait. J’ai encore attendu près d’une demi-heure avant que Flo, un mec de 33 ans me prenne dans son pickup. Un mec super cool, dessinateur ou sculpteur je crois, qui retape sa maison qu’il a acheté il y a un an. Il m’a amené jusqu’à Kirchheim, directement sur l’autoroute. Il m’a dit que ça serait plus facile pour avancer et faire du stop. Il m’a aussi dit de demander aux gens à la station essence pour m’amener à Erfurt.

Il y avait deux jeunes, un mec et une fille, assis à coté. Je leur ai demandé s’ils faisaient du stop mais ils m’ont dit qu’ils attendaient des amis qui venaient les chercher.

On a un peu discuté, toujours les mêmes choses : où tu vas, d’où tu viens, t’es étudiants ?

J’ai demandé aux gens à la station mais personne n’allait à Erfurt ou ne voulait m’emmener. J’ai demandé un bout de carton à la station et j’ai enfin pu avoir mon panneau “ERFURT/DRESDEN”. Finalement, c’est un peu par hasard qu’un mec, Udo, m’a demandé où je voulais aller, à l’entrée de la boutique. Il m’a embarqué avec lui jusqu’ici.

Mais Udo, c’est un personnage intrigant et extraordinaire.

Sa voiture était pleine de cartons de cartouches de cigarettes. Le coffre, les sièges arrières, des clopes partout. Il a été difficile de trouver de la place pour mon sac. C’était bizarre qu’un mec qui a tout l’air d’un contrebandier me prenne en stop. Et puis on a commencé à discuter chemin faisant. Je lui ai raconté d’où je venais, où j’allais. Je lui ai parlé de mon souhait de retrouver Silja à Hanovre.

Silja était ma correspondante allemande en 4e, j’étais allé chez elle et elle était venue chez moi à l’époque. Je m’étais dit que tant qu’à aller en Allemagne, je pourrais passer la voir à Langenhagen, à coté d’Hanovre. Il se trouvait juste qu’on avait pas échangé de nouvelles depuis des années donc je ne savais pas si elle avait bougé.

Et puis, de fil en aiguille, il s’est détendu, allant même jusqu’à rigoler. Et puis, il a fait quelque chose de génial. Il m’a demandé le nom et l’adresse de Silja et puis il a appelé les renseignements pour avoir le numéro. Apparemment personne n’avait le téléphone à cette adresse. Et puis, il a appelé ceux qu’il a nommé “meine Leute”, ses hommes de main ? Il m’a dit qu’ils avaient des moyens pour retrouver les gens. Si ça fait pas mafieux tout ça, je sais pas ce que c’est. Ou alors il est agent secret. Il est d’abord tombé sur les grands-parents. il m’a passé le téléphone mais j’ai rien compris, je ne savais même pas qui j’avais au bout du fil à ce moment là. Il a repris le téléphone, rappeler ses “collègues” je crois et obtenu le numéro de Nina, la mère de Silja. Il lui a expliqué la situation et le me l’a passé. Elle se souvenait de moi. On a discuté une minute puis elle m’a souhaité un bon voyage. Au passage Udo a récupéré le numéro de Silly, qui vit maintenant à Berlin. Wunderbar. Je l’appelerai de Dresde. En tout cas, ça m’évitera un détour à Hanovre du coup.

Il m’a aussi dit de l’appeler à Berlin parce qu’il pourrait peut-être me prendre et m’amener jusqu’à Strasbourg pour le retour. Il est trop cool ce mec, mais un gars qui voyage autant, qu’a qu’un portable, pas de fixe, si c’est pas un mafieux, je sais pas ce que c’est !

Il m’a déposé à une station sur l’autoroute. Je vais voir si je cherche à aller jusqu’à Dresde maintenant ou si je dors là. Il reste un peu plus de 200km à faire. A 180km/h, je pourrais y être rapidement. Je vais voir, en attendant, y’a des routiers à ma table, c’est marrant même si je comprends rien. J’ai mangé à la station, la flemme de faire du riz.

22h30

Je suis toujours à ma table à la station service. Je cherche quelqu’un allant à Dresde mais en vain. Je préfèrerais arriver cette nuit, quite à dormir dans la rue ou faire une nuit blanche, au moins je serais sur d’y être.

Là il fait maintenant complètement nuit, ça va être folklo de planter la tente dans le noir.

Je crois que je profite de la convivialité des routiers. Malheureusement, ils ne vont qu’à Weimar demain.

Nuit noire pour nuit noire, je vais tenter encore un moment de trouver quelqu’un qui m’amène à Dresde.

En fait, je viens de lire la carte de visite d’Udo. Il est représentant en distributeur de clopes et en jeux automatiques. Ca explique certaines choses, mais ça empêche pas que ça soit une vitrine pour blanchir l’argent :-)

25 juillet 2006 5:45, la station

J’ai dormi dans un petit parc à coté de la station. Par peur d’être jeté, j’ai mis le réveil à 5h. Là je prends mon ptit dej à la station. Je me suis endormi vers 1h, réveillé une fois à 3h. Il est indispensable que j’arrive à Dresde aujourd’hui.

Hormis les ampoules, l’odeur de mes pieds est horrible, j’ai des mycoses ou je sais pas quoi. Vivement le prochain bain.

Il est maintenant 6h et y’a des mecs qui bouffent des saucisses. Mais comment font-ils ?

Je n’ai pas vu ce film, mais je me sens un peu comme Tom Hanks dans le terminal. J’ai l’impression que je ne vais jamais partir d’ici. Toujours le même problème : entre supporter la voiture et rester dans cet endroit que je connais, maintenant j’avais plutôt tendance à choisir la 2e option. De toute façon, je vais lentement prendre le temps de me réveiller.

J’entame mon 6e jour en Allemagne. Là je peux vraiment dire que le périple a commencé. J’en chie. Heureusement que y’a du café, du coca et de la red bull ici !

Je me suis fait une belle pancarte “CHEMNITZ./DRESDEN”. J’attends d’avoir les trippes en place et j’attaque. Il est déjà 7h et je suis complètement dans le gaz.

Chose bonne à savoir pour tout voyageur allant en Allemagne : les canettes sont consignées. En les ramenant à la caisse on récupère 25 centimes. Ca va faire 12h que je suis ici. J’arrive pas à décoller, j’ai trop le ventre explosé. Il va pourtant bien falloir, je ne referais pas une nuit ici. Je veux être chez Seb avant ce soir.

Je me rends compte que je n’ai pas évoqué pourquoi j’allais à Dresde. Seb, un vieux pote, était en Erasmus depuis 6 mois à Dresde, ce qui en faisait un très bon point de chute et la raison pour laquelle j’allais vers Dresde. Il fallait juste que j’arrive avant mi-août, période à laquelle il repartait en France.

9h53

Je suis sur mon rocher à la sortie de la station depuis 2h. Quatre espagnoles m’ont proposé de m’amener jusqu’à Gera, mais j’ai refusé, comme un con. Leur voiture était déjà pleine et je ne voulais pas voyager trop inconfortablement. Je suis stupide, j’aurais avancé de 90km.

12h15, Jena

Je viens de faire 70km avec un mec pas trop joyeux, mais bon. Plus que 150km avant Dresde, en plus l’aire de repos où je suis est blindée, ça devrait pouvoir se faire. Par contre, j’ai pas le bide très bien accroché là. Avec mes 4h de sommeil, je lutte un peu en voiture. C’est con pour un auto-stoppeur. Je vais ptet manger un petit bout ici. Prendre mon temps. Hormis le temps qu’il va me falloir pour être pris, il ne doit rester qu’une heure de route.

J’ai une grosse chance d’arriver dans l’après-midi.

Je suis juste avant l’échangeur qui séparent l’autoroute pour Dresde et celle pour Berlin. Peut-être que tout le monde va à Berlin. Ca serait con.

J’ai mal au bide.

Tout à l’heure, à la station près d’Erfurt, deux jeunes dans une belle voiture ont me prendre et ils ont commencé par me demander si j’avais mon permis de conduire. Ils ont aussi réagi quand une bagnole de flic est passée. Finalement, ils m’ont dit que ça allait pas le faire. Heureusement.

26 juillet 2006 13:25, Dresden

mls27Ca y est, j’y suis ! Alors pour reprendre de l’échangeur, j’ai discuté un peu avec un autre auto-stoppeur allemand, avec des vendéennes, que le monde est petit,  et j’ai essayé de dormir. En vain. Elles m’ont proposé de me déposer sur l’autoroute à Dresde, mais j’ai refusé, étant pas encore très bien. Et puis de l’autoroute à Dresde même, je savais pas si ça allait être facile. Finalement je me suis remis au stop vers 15h je crois, peut-être un peu avant, et au bout de plus d’une heure, un mec sympa m’a pris. Il m’a déposé à l’entrée de Chemnitz, 70km avant Dresde. Il y avait beaucoup de voitures mais peu qui prenaient la bretelle d’autoroute, et peu avec “DD” (pour Dresden) sur leur plaque. Finalement une fille de 21 ans, vendeuse de lingerie, m’a amené jusqu’à Dresde. On va d’ailleurs être correspondant, elle en a toujours voulu un et ça me fera bosser l’allemand. Katja m’a déposé à 2 rue de la Martin Luther Platz et à chaque pas, c’est un gigantesque sourire qui se dessinait sur mon visage. J’arrive au 39 Martin Luther Straße, je descends un peu la rue et je reconnais la “Wege” avec ses graphes sur la façade. Je sonne, Manuel me répond par la fenêtre et 1 minute après, Seb m’ouvre. Le bonheur de le retrouver enfin.

La “Wege” est une maison dans la Neustadt avec 3 étages. Ils sont 7 à vivre ici en coloc et il y a plus qu’un air d’auberge espagnole. Des allemands, français, italien, russe, chinois, le cosmopolitisme de la Wege est à l’image de la Neustadt.

Hier soir, nous sommes allés squatter à Alaun Park pour manger le repas thaï que nous avions acheté en route. Ce parc est fantastique, il a des dizaines de personnes qui sont là avec leur petit barbecue, à jouer au freesbee, à jongler, à boire de la bière. Ici, pas besoin de télé, d’internet, de bar, il suffit de sortir et faire 200m pour passer du bon temps avec ses amis et rencontrer du monde. Les gens sont très ouverts ici, on peut discuter avec n’importe qui quasiment.

Seb m’a ensuite montré un squat en face de la maison puis nous avons discuté dans la cuisine avec Manuel et Tom.

mls27_gartenCe matin, on est passé prendre le petit dej chez le bäckerei puis on est allé prendre un café quelques rues plus loin. Là, on a rencontré Raphaël, un danseur français, qui est arrivé ici il y a 3 jours. On a aussi discuté avec Patrick, le vendeur d’un magasin de disques du quartier. Toute la beauté de la Neustadt réside peut-être dans le fait qu’il n’y a pas besoin d’en sortir pour vivre. On croise rapidement plusieurs fois les mêmes personnes. Comme le disent Seb et Manuel, c’est un village dans la ville.

J’aime vraiment beaucoup cet endroit. Il y a un coté ancienne Allemagne de l’Est un peu délabrée par endroit, mais les gens on l’air heureux, ouverts. Tout le monde est heureux d’y vivre et de se retrouver. S’il n’y avait pas VoX, je resterais plus longtemps pour voir si je ne peux pas y travailler.

C’est ici que s’arrête mes notes. Ensuite, j’ai passé trois semaines de bonheur dans la Wege, dont la dernière semaine sans Seb, qui était rentré en France. J’ai repris la route du retour vers la fin août, ayant décroché un entretien d’embauche à Nantes. Je devais passer par Chamonix faire une journée de rando avec mes parents mais ma pseudo infection urinaire a dégénéré sur la route du retour jusqu’à ce que je me retrouve à pisser du sang. Un peu en panique j’ai pris un billet de train Nüremberg - Nantes et je suis rentré en 12h. Au final, je souffrais de cristaux dans les reins dus à la déshydratation.

Ce voyage d’un mois et demis aura pleinement rempli son rôle. J’ai voyagé au travers des pays, des gens et de moi-même et je suis rentré requinqué. Suite à un rêve après être rentré, où j’étais à nouveau dans la Wege, j’ai décidé de me mettre en coloc à Nantes et ce pendant 2 ans et demi. Depuis 1 mois et demi, je revis à nouveau seul et c’est une page que je tourne en racontant ce voyage qui me marquera pour longtemps.

Aujourd’hui, je n’ai plus de contact avec qui que ce soit rencontré sur la route. Il n’y a plus que Seb que je revois de temps en temps. Je ne suis jamais allé voir Silja à Berlin, n’ayant plus le courage de partir de la Wege et n’ayant pas senti un engouement exacerbé dans sa voix quand je l’ai appelée.

Dans le train du retour, j’ai écrit ce qui sera l’avant dernière chanson de VoX : Mythos Dresden.

Dans le wagon de l’ennui
Filan au creux de ton Rhin
Du fond du pays de l’oubli
Je fuis, je suis cuit.

Et tant que je n’y perds que ma langue
L’ami Goethe n’a pas à être fier
Mais quand j’y laisse mon cœur
Ce sont ses serres qui m’agrippent et me ferrent.

Pars, reste
Seulement après mon départ
Retiens moi, attrape moi par la main
Et arrache la !
Car la bague à mon doigt me dit
Que je suis marié
Mais je ne sais pas à qui
Alors dites moi où je dois m’enterrer.

Je ne peux oublier les pavés
Sans métro quand bien même
Kein Ersatz, je l’affirme
J’y ai vécu et pourri trois semaines.

Alors Elbe, arrête-toi
N’engloutis pas Dresde la mythique
Il y a là-bas quelques mondes
Que les bombes ont manqués.

Me croiras-tu quand je te dirais
Que je n’ai jamais vu la pluie
Au 27 rue Martin Luther
Le froid reste dehors et nous buvons sans lui.

Pour l’histoire aussi, Mythos Dresden était le nom d’une exposition sur Dresde que nous sommes allés voir au Deutsches Hygiene Museum retraçant l’histoire de la ville.

La Neustadt est le nom du quartier où j’ai vécu, ce qui signifie “nouvelle ville” en allemand. Ce nom est en opposition à la Altstadt qui est le cœur historique de Dresde, la Neutstadt datant de l’après-guerre.

Un événement intéressant, que j’ai malheureusement raté, est la BRN (pour Bunte-Republik-Neustadt, qui pourrait se traduire par La république colorée de la Neustadt), une sorte de festival rock/punk/anar/toutcequevousvoulez qui met tout le quartier en effervescence chaque année depuis 1990. Sur fond de revendications politiques, la musique et la liberté envahissent le quartier pendant quelques jours fin juin. Il y a même un mouvement pour l’autonomie de la Neustadt d’après ce que j’ai entendu là-bas. Pour les germanophones : http://www.brn-dresden.de/

En espérant vous avoir fait voyager à mes cotés.

A bon entendeur, Tschüss !

Notes, cartes, etc.

June 27, 2009

Bordel Ambiant

Mythos Dresden - Acte 5

Cet article fait suite à la quatrième partie.


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Une nuit chez Nicole

Weinhaus ShultesJe suis entré hier soir dans ce bar à vin où en 5 minutes, Nicole, une femme enceinte de 36 ans, m’a convié à la Stammtish, la table des habitués. Elle devait juste être employée ici, Krystel (encore une) devait être la gérante. Nous avons alors discuté autour d’un verre de vin et ce, malgré mon allemand encore déplorable. Elle m’a aussi offert une glace en plus des verres que je n’ai pas payés. A ce moment là, je ne m’inquiétais plus d’où j’allais dormir, ca m’était égal. C’est alors qu’elle m’a proposé de planter ma tente dans son jardin. C’était inespéré et j’étais pas bien sûr d’avoir compris. Entre parenthèses, le bar était magnifique, tout en bois, accueillant, calme, tout ce que j’aime.

Mes doutes se sont envolés quand je suis monté dans sa voiture et que nous sommes partis à 3km de Limburg pour atterrir dans son appartement où elle vivait seule. Son mec l’ayant quittée après 11 ou 12 ans de vie commune et après l’avoir mise enceinte. Triste mais tellement banal.

Finalement, j’ai carrément eu le droit au canapé. Si les allemands ne sont pas accueillants, je suis russe. Je pensais encore passer une bonne nuit mais une envie de gerber m’a réveillé à 2h. Décidément je dors presque mieux dans ma tente.

Ce matin (enfin, je rattrape le présent), le réveil a été un peu violent. Elle m’avait dit qu’elle allait petit-déjeuner chez ses grands-parents mais j’avais cru comprendre que j’avais le choix entre dormir et venir. En fait, il s’est avéré que j’avais le choix entre venir ou partir. A peine réveillé, j’ai donc remballé mes affaires et nous sommes allés prendre le petit dej’ chez ses grands-parents. Encore un petit dej’ allemand avec des œufs, du fromage, mais heureusement, du beurre et de la confiture.

Elle m’a alors déposé dans le centre sur la route de Gießen, ma prochaine étape. Mais pas trop réveillé, j’ai repris le chemin du centre et ça fait 1h30 que j’écris là. Je bois du coca sur une terrasse, en plein cagnard. Je vais reprendre la route vers Gießen, je crois que je suis réveillé maintenant.

Voila, j’ai rattrapé mon retard et j’ai goûté franchement à l’hospitalité des allemands. Il est temps d’avancer. J’espère être à Dresde dans 2 ou 3 jours. Heureusement le soleil est revenu. A plus tard

Coup de pompe

23 juillet 2006 19:10, Gießen

Depuis ce midi, je n’ai fait qu’une quarantaine de kilomètres. J’ai essayé le stop pendant une heure, mais ça n’a pas marché. J’ai alors èré à la gare où j’ai mangé un sandwich, puis je me suis décidé à prendre le train. C’était beaucoup trop cher jusqu’à Erfurt alors pour 9€ je suis venu à Gießen.

Je me sens pas très bien là. Un peu la nausée, très fatigué, encore aucune idée d’où je vais pouvoir dormir cette nuit, mais bon, tant pis.

J’ai encore le temps de faire une bonne rencontre. Enfin je crois que je vais chercher un camping ou une auberge de jeunesse d’abord. Je me sens pas capable de dormir dans un champ ce soir même si je crois que je vais pas avoir le choix.

Ca doit être le premier jour où je pense vraiment que je serais mieux dans mon lit.

Ca fait depuis Troyes que j’ai une sorte d’infection urinaire et des plaques de boutons dans le bas du dos. En gros, là c’est le gros coup de pompe. J’aimerais tant une nuit de 12h sans me réveiller. Le pire c’est peut-être que je suis perdu au milieu de l’Allemagne, à encore au moins trois jours de Dresde si le stop marche. Je ne peux qu’avancer, lentement mais surement. Et puis je supporte de moins en moins les transports, ça doit être psychosomatique.

Les seules choses qui me remettent un peu d’aplomb, ce sont les coca en terrasse. J’oublie que je suis nulle-part. Je me sens un peu plus chez moi si j’écoute pas toutes les discussions en allemand. Ca reste toujours incompréhensible d’ailleurs.

L’argent part à toute vitesse pour des petits réconforts de ce genre là, les verres, les clopes, les toilettes publiques. J’évite les petites emmerdes quoi.

Ca fait aucun doute, la langue n’aide pas. En France, je stressais moins. Là, les moments d’euphorie comme la Weinhaus (le bar à vin pour les non germanophones) s’effacent d’un seul coup dès qu’un coup de barre survient. Car je ne peux jamais être sûr des bonnes choses qu’il va m’arriver alors que je sais que je vais en chier. C’est ce que je voulais, il faut que j’arrête de me plaindre.

Depuis deux jours, je marche tellement peu que j’ai plus vraiment mal. C’est peut-être ça le problème chez moi : lorsqu’un mal s’en va, il faut remplir le trou. Sans douleur, pas de vie. J’ai quasi pas mangé aujourd’hui en fait mais je n’ai pas vraiment faim. Je devrais peut-être reprendre la marche sur les départementales car j’ai en plus l’impression que le taux de cons est supérieur en ville. Enfin ça doit être pareil, mais en valeur absolue, ça fait plus.

Comment je peux faire ce soir ? draguer les minettes pour trouver un toit ? je crois pas que ça marcherait. Au passage, toutes ces lignes montrent à quel point je ne pense pas trop à Flo. Enfin surtout, là où je suis, je sais qu’elle ne peut rien pour moi. C’était peut-être une connerie de croire l’inverse à Nantes. Nevermind. Ici au moins, je vies dans le présent. Aucune idée d’où je serai demain et plutôt concentré sur les problèmes de l’instant. C’est pas de l’argent que je donnerais là pour un toit et une grasse mat’, c’est mon âme. L’argent je l’ai.

J’ai envie de rester en ville parce que c’est moins dur psychologiquement mais s je cherchais tout de suite un endroit où dormir ça serait moins dur physiquement. Même assis, j’ai à moitié des vertiges.

Putain, la serveuse pourrait pas entamer la conversation ?

Ah j’oubliais, un gars à la gare a voulu me vendre un billet de train pour toute l’Allemagne. Ca vaut 33€ je crois. Je pourrais peut-être prendre ça et être à Dresde demain. Je verrais demain de toute façon.

Il est 19h50, il fait 29°c, je finis mon coca et je me remets en route. J’en ai presque les jambes qui flagellent rien que d’y penser. Ich bin so müde.

22:35

Je suis dans un camping quelque-part près de Gießen. Les rencontres que je fais me font marrer. Tout à l’heure la serveuse m’a indiqué un endroit où il y avait un camping et quel bus je devais prendre. Après avoir trouvé le bus, je ne trouvais pas l’endroit donc j’ai laissé tomber. J’ai commencé à marcher en direction de Alsfeld, la prochaine étape, et à la sortie de la ville, je suis tombé sur un village militaire américain avec deux gardes armés qui faisaient le guet devant. Un mec et une magnifique blonde. Je leur ai demandé où je pouvais trouver un camping dans le coin (”Wissen Sie, wo ich ein camping Platz finden kann ?” combien de fois je l’ai dit ?). Et apparemment, il n’y en avait pas dans le coin. Et puis une amie de la fille s’est pointée et elle m’a emmené dans un camping près de chez elle. Le mec s’était aussi proposé pour m’amener après sa garde.

Et bien me voila dans un gros camping de bofs où il n’y a que des allemands, où c’est 7€ la nuit et où il ne semble n’avoir qu’un chiotte et qu’une douche pour tout le camping. Je viens de me bouffer une vilaine part de frites. Par vilaine j’entends pas très bonne. Bon, pour se consoler, y’a de la bonnasse, mais bon, je vais me coucher avant de parler à qui que ce soit.

Là je suis à la terrasse du bar du camping, en train de boire mon quatrième coca de la journée. Décidément, plus j’arrive à mes limites, plus je dépense.

Ah! pour l’anecdote, tout à l’heure, un couple baisait dans l’herbe à une vingtaine de mètres des gens, dans la pénombre du crépuscule. Je sais pas si les gens faisaient semblant de rien mais c’était quand même flagrant.

Les campings, ce sont déjà des gens bizarres qui y vivent, mais les campings allemands avec de la house jusqu’à 1h, ça dépasse l’entendement.

Bon allez, je paie mon coca et je vais me coucher si je rencontre personne dans les 10 minutes.

24 juillet 2006 11:15, près de Gießen

Je suis toujours au camping. J’ai bien dormi cette nuit. Environ de minuit à 9h. J’ai pris une douche froide, j’ai remis un t-shirt normalement propre mais qui pue. Ca fait quand même du bien. Je fais tâche au milieu de tous ces touristes en maillot de bain au bord du lac. Je suis pas en avance, j’espère vraiment que le stop va marcher car j’aimerais bien être à Erfurt ce soir. J’attends que ma serviette sèche sinon elle va vraiment puer ce coup-ci.

En une heure ou deux je peux être à Alsfeld et ensuite en trois ou quatre à Erfurt. Va vraiment falloir que le stop marche.

J’ai discuté 5 minutes avec un mec dans la douche. Sympa. C’est con, à chaque fois que je cause à quelqu’un c’est cool, dommage que ça n’arrive pas plus souvent.

Ce matin mon ptit dej’, ça a été un twix et un fanta. Il est temps que je refasse quelques courses.

A fumer ma clope au bord du lac, je constate à quel point mon pantalon a viré au gris. Il est vraiment temps que j’arrive à Dresde pour faire une grosse lessive. Bon, je finis mon fanta, je profite une dernière fois des chiottes et je me casse de cet endroit trop vacances pour ne pas être frustré.

Ah, il semblerait que l’entrée à la plage soit payante. Décidément, il ont des mœurs bizarres ici.

La vie en Allemagne semble décidément plus chère qu’en France.

En fait, je mets de plus en plus de temps à décoller le matin. C’est sûrement parce qu’une fois que j’ai pris mes repères, ça devient difficile de repartir vers l’inconnu.

Héhé, y’a du Johnny et du Lara Fabian à la radio là. Un peu de français …

J’hallucine un peu sur les deux poufs en face. Hormis le fait qu’elles se fassent leur petite manucure sur la plage, y’en a une qui vient de changer de maillot. 2 maillots pour aller à la plage …

Demain, le 6e et dernier épisode qui nous amenera finalement à Dresde avec encore quelques rencontres originales

June 26, 2009

Bordel Ambiant

Michael Jackson, King of Pop

mjjIl était quasiment impossible pour moi de ne pas écrire d’article sur la disparition du “King of Pop”…

Si Picsou a commencé sa collection de pièces avec une de 10 cents, j’ai commencé ma collection de CD avec l’album Dangerous. Etant trop jeune pour avoir connu la sortie des albums précedents. Je n’en étais pas moins fan de l’artiste, et pour moi la guitare électrique de Black or White fut une révélation dans mon éveil musical. Voilà pourquoi j’ai du faire un caprice pour obtenir mon premier album et pas des moindres. Quelques années plus tard, j’en ai voulu au monde car mon CD était rayé, pile poil sur l’un de mes titres favoris de l’album, celui avec la participation de Slash : Give in to me.

Voilà mes premières histoires musical avec Michael, et je pense que beaucoup d’entre nous en avons des histoires. Je ne parlerai pas de la controverse qu’il a suscité car je parle ici de l’Artiste et de son Oeuvre. Celle qui a marqué plusieurs générations, et nous pourrons nous vanter de l’avoir connu vivant, et d’avoir été de ceux qui le voyaient comme une légende vivante.

Aujourd’hui il était difficile de ne pas être au courant de sa disparition, les médias du monde entier, les internautes de tous les coins du globe y sont allés de leur petit commentaire sur la mort de celui qui était aussi célèbre que Coca-Cola. Peut-être la personne la plus connue au Monde ?

Sa carrière, tout le monde la connaît, inutile de la retracer ici, mais tout ça pour dire que si aujourd’hui je joue d’un instrument, il n’y est pas pour rien, en témoigne le Songbook de HIStory qui trône fièrement près de mon piano… Chapeau l’Artiste !

Mythos Dresden - Acte 4

Cet article fait suite à la troisième partie.


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Les retrouvailles avec les Spaghetti Eis

23 juillet 2006 11:30, Limburg

Putain, j’ai réussi à mal dormir, c’est chiant. Je reprends.

Alors jeudi matin, j’ai mis du temps à décoller, j’ai du partir vers 10h30. J’ai marché le long de la route jusqu’à Remich où je me suis posé sur un banc, au bord de la Moselle. Les pieds en feu après 12km, c’est avec plaisir que j’ai retiré mes chaussures.

Il y avait trois ou quatre bancs, mais les deux petites vieilles ont trouvé le moyen de venir s’installer à coté de moi. Au bout d’un petit moment, je me suis décidé à m’offrir un vrai repas avant de traverser le pont qui m’amènerai en Allemagne.

Je me suis installé à la terrasse d’une boulangerie/sandwicherie et je me suis pris un panini puis une glace. Il y a des fois où il faut se faire plaisir. Un vieux Luxo m’a fait la conversation pendant le repas. Il était très gentil et m’a assuré qu’avec mon sac sur le dos, je serais l’ami des allemands.

Après être passé à la pharmacie et avoir blindé mes pieds avec des pansements et de l’elasto, j’ai emprunté le pont qui traverse la Moselle. Au moment où j’ai croisé le panneau indiquant “Bundes-Republik-Deutschland”, mon cœur s’est accéléré et j’ai senti l’euphorie me gagner. J’étais dans un pays réellement étranger, plus que le Luxembourg car non francophone.

Chaque panneau, chaque enseigne étaient pour moi des symboles de mon aventure. En France, seule la campagne représentait l’aventure, mais là, tout m’était étranger. J’ai alors marché le long de la route, sans savoir où j’allais, juste en suivant ma boussole. Lorsque j’ai trouvé un chemin menant dans les bois direction nord-est, je l’ai pris avec la joie de me retrouver à l’ombre. J’ai alors crapahuté dans la forêt et dans les champs pendant une bonne demi-heure avant de me retrouver sur des petites routes de campagne. L’ombre était rare et mes réserves d’eau diminuaient. J’ai continué à souffrir jusqu’au premier petit village que j’ai trouvé : Kirf. Je me suis posé sur les marches d’un monument aux morts de 39-45 où j’ai pu m’aérer les pieds. Ca m’a fait bizarre de voir ce monument., car  la signification qu’il possède et le symbole qu’il représente peut être tout autre ici. La question reste pour l’instant sans réponse.

Lorsque j’ai vu une dame sortir de chez elle pour arroser ses fleurs, j’ai prix mon pauvre allemand à deux mains et je lui ai demandé de l’eau. Nous avons un petit peu discuté, tant bien que mal, et elle m’a dit que sa fille parlait français mais qu’elle n’était pas là.

Avec mes gourdes à nouveau pleines, j’ai pu me faire ce délicieux repas qu’est le riz avec un cube de bouillon de poule puis la dame est revenue avec sa fille qui venait de rentrer.

Elle m’a expliqué en français qu’elle travaillait à l’union européenne; au Luxembourg. Je lui ai expliqué mon périple. Lorsqu’elles m’ont demandé ce que je faisais après, si je restais encore quelques minutes, j’ai peut-être raté une invitation en disant que je repartais après manger.

Une fois ma petite vaisselle faite, je me suis remis en route vers Trassem. J’ai trouvé un chemin qui longeait la route à travers les champs puis j’ai marché au bord de la route jusqu’à un chemin qui partait dans une forêt. Je me suis alors enfoncé dedans pour planter la tente. La nuit est vite tombée, surtout à l’ombre des arbres, et j’ai eu du mal à fini de monter la tente dans ce sol très mou et tapissé de feuilles.

Lorsque je me suis couché, la peur qui commençait à me gagner s’est confirmée. Un scarabée grattait les feuilles et , pire que le papillon à Troyes, il faisait autant de bruit qu’un renard essayant de rentrer dans ma tente. Je pensais que la forêt serait plus un havre de paix que les abords de la ville mais le silence amplifie le moindre bruit. Autant le bruit des voitures m’est familier, autant la musique de la nature l’était bien moins que je pensais.

C’est avec joie que j’ai accueilli le soleil le lendemain matin. Il ne m’avait pourtant pas empêché de dormir jusqu’à 9h. Je me suis doucement remis en route vers Trassem, à 3km de là.

Arrivé à Trassem, j’ai acheté de quoi petit déjeuner à la boulangerie puis j’ai cousu sur mon sac le petit drapeau français que j’avais trouvé la veille dans l’herbe au bord de la route.

J’ai demandé de l’eau à un riverain qui nettoyait sa voiture et il m’a dit qu’il y avait beaucoup de français sur la route ici à cause de la garnison française de Saarburg. Cette deuxième rencontre avec les allemands s’est avérée tout aussi agréable que la première.

SaarburgJ’ai marché sous le cagnard jusquà Saarburg où j’ai décidé de prendre mon temps. J’ai mangé sur un parking au bord de la route avant d’entrer dans la ville. Je me suis ensuite assis à l’ombre au bord de la Saar, je suppose, et je n’ai pas résisté à ma première Spaghetti Eis depuis 9 ans.

La Spaghetti Eis est tout simplement une glace à la vanille en forme de spaghetti avec du coulis de fraise et des copeaux de chocolat blanc.  J’avais découvert ça à Hanovre en voyage scolaire quand j’étais en 4e.

Je me suis remis en route vers 16h et après une route bien chiante entre une rambarde de sécurité et des buissons, j’ai trouvé la garnison française, justement sur la route de Hermeskeil.

J’ai alors été pris en stop par un allemand sympa qui m’a déposé à Zerf. Là, j’ai acheté mon gouté et un coca à la boulangerie du village et j’ai été confronté à une question à la con du genre : “pâte feuilletée ou pâte brisée ?” Mais qu’et ce que j’en sais moi ? Je comprends rien.

Puis tranquillement en train de fumer une clope au bord de la fontaine, un petit vieux moitié sénile a commencé à me parler à chaque fois qu’il venait remplir son arrosoir. Pas compris grand chose mais il a du me dire que je comprenais pourtant surement “baiser” et “aimer” ou “vivre”. Peut-être que je fabule, mais c’était tout de même marrant.

Ensuite, un couple de jeunes de guère plus de 20 ans m’a déposé 5 ou 6 km plus loin, au milieu de nulle part. Je sais pas si c’était mon affaire, ceci-dit, il y avait des forêts où dormir au cas où. Mais finalement, une dame m’a pris et a voulu m’avancer un peu. Mais elle m’a amené jusqu’à Hermeskeil après m’avoir dit que l’accent français était très beau. Je crois qu’elle me draguait.

A Hermeskeil, je commençais à avoir clairement envie de chier (désolé la censure a pas bien travaillé :-p), mais il valait mieux que je mange d’abord et que je fasse le plein d’eau.

Alors que j’étais en train de ranger ma popote sur un parking, deux gentilles petites vieilles ont entamé la conversation et m’ont donné 3€. Le don généreux m’a poussé à choisir l’auberge de jeunesse, que j’avais pourtant exclus jusqu’à maintenant. J’avais mal au ventre, au crâne et un gros besoin d’une douche.

A 16,5€ la nuit et le petit dej’, j’avais vraiment craqué pour le luxe ! Après m’être lavé, j’ai déambulé dans les rues puis j’ai pris un coca sur une terrasse. Une fois rentré, je pensais dormir d’une traite jusqu’au petit dej’ vers 8h, mais la douleur de mes pieds m’a réveillé au beau milieu de la nuit. Moi qui pensait avoir une nuit réparatrice, c’était raté. En plus, il fallait que je quitte la chambre à 9h30 mais j’ai obtenu une rallonge jusqu’à 10h.

Die Lorelei

St Goar, Vallée du RhinJ’ai tenté le stop à la sortie d’Hermeskeil mais je ne le sentais pas. J’ai donc marché 3km jusqu’à la route de Morbach. Là, j’ai été pris et déposé quelques kilomètres plus loin. Après plus d’une demi-heure d’attente et avoir retourné mon sac pour cacher mon drapeau français, un gentil père de famille m’a pris. Il y avait aussi son fils il me semble et une amie de son fils. Il m’a dit qu’il avançait au-dessus de Mainz, ce qui était plus que bien. On a alors roulé un moment, faisant une pause à Simmern où il m’a offert le mac-do puis nous sommes allés jusqu’à Herold je crois pour déposer Clara chez ses parents. Nous avons du traverser le Rhin par le bac, c’était marrant et surtout la région était magnifique.

Il m’a également raconté la légende de la Lorelei : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_de_la_Lorelei qui illustre très bien la beauté de la vallée du Rhin.

Nous avons passé plus d’une heure chez Clara, le gentil père de famille, dont j’ignore le nom, s’étant remis à table en arrivant (vers 16h ou 17h).

Alors que l’orage montait, j’ai appelé quelques campings en France pour la famille allemande puis nous sommes repartis.

Il m’a alors déposé sur la route de Limburg, à environ 20km, sous une pluie battante. J’ai alors attendu un moment sous un abris-bus avant de me décider à manger en attendant une éclaircie.

Malgré peu d’espoir, un gentil monsieur m’a pris et amené jusqu’au centre de Limburg. Les allemands n’hésitent pas à faire quelques kilomètres de plus pour m’arranger. Sie sind wirklich net.

Je me suis alors posé sur une place, en plein dans la vieille ville. J’étais fatigué et prêt à beaucoup de choses pour dormir sous un toit. Après avoir fumé quelques cigarettes et envoyé quelques textos, je me suis décidé à aller dans la Weinhaus à coté. Mes souvenirs du bar à vin à Rome étaient ceux d’un lieu accueillant, amical. J’en avais besoin.

La suite demain où vous rencontrerez Nicole et bien d’autres personnes.

June 24, 2009

Bordel Ambiant

Mythos Dresden - Acte 3

Cet article fait suite à la deuxième partie


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Derniers jours en France

Vendredi 21 juillet 2006 15:02, Saarburg

J’ai pas écrit depuis quelques jours. Il est temps de reprendre.

Je m’en étais arrêté au camping. Alors cet après-midi, je suis allé avec Denis, Maartje et Krystel à la plage. J’ai encore cramé mais bon, les hollandaises en bikini, ça se refuse pas. On est ensuite rentré pour aller faire les courses avec elles puis on est retourné se baigner. On était tellement bien avec elles qu’on est rentré sur les coups de 20h, avec la peur de se faire engueuler par Céline pour la bouffe. En fait, ça les a plutôt fait marrer.

Le soir après mangé, les hollandaises sont venues nous rejoindre pour nous aider avec le rhum-orange. De fil en aiguille, y pensant depuis l’après-midi, j’ai embrassé Maartje.

Le lendemain, on est retourné faire des courses avec Denis et Céline. On a croisé les hollandaises, mais elles se sont à peine arrêtées. Ca m’apprendra à sortir avec une nana. A part ça, on a rien fait de la journée. On a glandouillé en lisant, en attendant que les autres rentrent.

La soirée, la dernière, s’est passée tranquillement. On a regardé le spectacle de Gad Elmaleh sur le portable de Johan. J’ai dit au-revoir à tout le monde, au cas où je ne les verrais pas le lendemain et je suis allé me coucher assez tôt.

Le lendemain, j’ai encore dit au-revoir à ceux qui étaient levés puis je suis allé payer le camping. 21€ c’est honnête. Après avoir poussé la voiture du vieil alcolo qui draguait les hollandaises, on a enfin pu décoller de Beaugency. Maartje et Krystel se sont arrêtées au bord d’un verger pour piquer quelques cerises puis on est reparti vers Orléans. Elles m’ont déposé à la sortie Nord, ce qui n’était pas la meilleure affaire. Les adieux avec Maartje étaient tout sauf déchirants. Même pas drôle.

J’ai du ensuite traverser un bon bout d’Orléans à pied pour trouver la direction de Montargis. J’ai finalement trouvé un rond-point avec une entrée pour la 4-voies, ce qui n’était pas du tout pratique pour que quelqu’un s’arrête. Pourtant, un jeune couple m’a pris et déposé à Montargis. Le voyage m’a d’ailleurs filé la gerbe, il était temps d’arriver.

J’ai erré un moment dans Montargis, à la recherche d’une pharmacie ouverte. Mais en ce 14 jullet, c’était peine perdue. Les médocs anti-mal des transports devront attendre. J’ai aussi longuement cherché des toilettes publiques mais les seules que j’ai trouvé étaient HS et ont failli me bouffer mes 10 cts. Au lieu de ça, j’ai fait mon Mc Gyver avec mon couteau suisse et j’ai pu récupérer ma pièce ainsi qu’une autre qui était aussi coincée.

Après un repas minable au saucisson, je me suis décidé à repartir, direction Sens. J’ai du faire entre 5 et 10km pour sortir de la ville car Amily touche Montargis.

Je me suis remis au stop sur la départementale qui va à Sens. Je sais pas si c’était le jour ou la route, mais j’ai attendu un bon moment avant qu’un mec, un peu bizarre, me prenne. Le gars avait entre 25 et 30 ans, un béret, l’air d’un jeune vieux quoi. A 140km/h sur la départementale, c’était rapide mais pas des plus rassurant. Il changeait les CD à 90 ou 100, avec une voiture 2 mètres devant. Je n’ai pas été malheureux lorsqu’il m’a laissé à une station essence, avec en prime un paquet de Marlboro.

J’ai marché jusqu’à trouver un meilleur endroit où faire du stop, mais le parking au bord de la route ne semblait pas faire l’affaire. J’ai donc encore pris ma route pour passer de l’autre coté de l’autoroute Paris-Lyon (je crois). En effet, quelques minutes plus tard, un couple d’une cinquantaine d’années m’a pris. Ils allaient jusqu’à Troyes, et avec la clim’ s’il vous plait. Ces gens très gentils m’ont ensuite expliqué comment traverser Troyes en bus. Saloperie de jour férié encore, j’ai du descendre du bus plus tôt car son parcours était différent. Du coup, j’ai du marcher encore un moment pour trouver un coin sympa où dormir. Finalement, un petit champ avec des arbres, caché derrière une haie, me semblait pas trop mal. J’ai pu mangé mes spaghetti bolognaises deshydratées en manquant de peu de foutre le feu à l’herbe et je me suis couché, un peu stressé.

Le lendemain, j’avais un objectif principal : trouver de l’eau. Il ne me restait plus qu’un litre et j’étais assez loin de toute habitation. J’ai donc repris la marche le long de cette départementale pour trouver où faire du stop. Enfain, sur un parking, un français à l’accent et à la plaque belge m’a emmené jusqu’à Piney où j’ai pu faire le plein à la fontaine du village. Le mec était trop sympa, il demandait à ma place ou trouver de l’eau.

Après un pain aux raisins et la pharmacie, j’ai été rapidement pris par un jeune guadeloupéen qui m’a parlé de dieu pendant tout le trajet. J’ai pas mal ri, surtout intérieurement. On a fait une escale dans la banlieu de Saint Dizier pour voir si son frère était là puis il m’a déposé à la gare de Bar-le-duc. Ca me semblait être la meilleure alternative pour ne pas arriver trop tard chez Amélie.

J’avais rencontré Amélie un an plus tôt quand je faisais un stage chez Jamendo, au Luxembourg.

1h30 plus tard, soit à 14h30, j’étais à la gare de Luxembourg. Je me suis senti un peu clodo dans ce TGV tout beau tout neuf.

Bon, il est 16h, je suis à Saarburg en Allemagne et il est temps que je reprenne la route pour avancer un peu. Je n’ai fait que 8 ou 9km depuis ce matin. Je reprendrais plus tard malgré mon retard dans le récit et je m’en vais essayer l’hospitalité des allemands sur la route en faisant un peu de stop.

Luxembourg

22 juillet 2006 23:43, à 3km de Limburg

Bon, je reprends rapidement où j’en étais resté pour arriver à cette magnifique journée.

Alors, à la gare de Luxembourg, j’ai retrouvé ma belle Amélie. On s’est arrêté à la station essence pour acheter de la bière et on est rentré chez elle, à Ehlange. Là, j’ai pu boire une bonne bière fraiche et on a repris nos discussions. Je lui ai raconté la première partie du voyage et on a aussi, naturellement, parlé de Flo. Sans commentaire. Et puis j’ai pris un bain. Le bonheur. Dissoudre la crasse des deux derniers jours pendant 1/2h était encore meilleur que la bière.

Ensuite, Sylvie, la voisine du dessus et amie d’Amélie, est venue nous rejoindre et nous sommes allés dans un resto portugais pour manger des gambas. C’était la première fois que j’en mangeais mais je n’ai pas été déçu. Cuisinées à l’ail et à l’huile d’olive, avec des frites, de la salade, des tomates et des oignons, c’était un vrai régal.

De retour, comme le matelas pneumatique ne fonctionnait pas et qu’Amélie avait abandonné l’idée que je dorme dans le lit de sa fille, j’ai dormi avec elle. Juste dormi.

Le lendemain matin, après une mauvaise nuit, j’ai eu le droit à un vrai petit dej’, à volonté. On a glandouillé un moment jusqu’à ce que Patricia vienne me chercher vers 16h30. J’ai dit aurevoir à Amélile rapidement, trop rapidement, je préfère quand c’est déchirant.

Patricia était ma coloc pendant mes 3 mois de stage chez Jamendo.

Je suis donc arrivé chez Patricia, à Moutfort, le dimanche 16.

Après un petit apéro et l’échange des dernières nouvelles, au combien importantes, mais je ne raconterais rien ici, nous sommes allés au restaurant à Rémich, au bord de la Moselle. Ca m’a permis de repérer les lieux puisque cette ville se trouve à la frontière allemande.

J’ai pris une pizza hawaïenne, celle avec de l’ananas, comme il y a un an, et j’ai osé ramener la voiture moitié bourré. Enfin, j’avais jamais bu que deux verres, mais j’étais plus très frais.

Concernant les jours suivants, je vais zapper les journées, car Patricia travaillant je n’ai pas fait grand chose à part geeker.

Lundi soir, nous sommes allés à Luxembourg, sur la place d’armes avec Kathia et Pascal, que j’avais déjà rencontré l’année dernière.

Mardi, j’ai fait un saut à Lux-ville (Luxembourg-ville) pour m’acheter un livre d’allemand. J’ai également pris un dico et une carte. Le soir, nous avons mangé des grillades tous les deux.

Mercredi soir, on a encore mangé des grillades et on eu le droit à la mise-bas de Formoza, 3e du nom je crois. Formoza, c’est le chat.

Bon, je suis KO là, je reprends demain matin.

Rendez-vous demain, on passera la frontière allemande et on continuera la progression en terre inconnue.

June 23, 2009

Bordel Ambiant

Mythos Dresden - Acte 2

Cet article fait suite à la première partie


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Première rencontre

23h53

Avant d’expliquer pourquoi et comment je viens de passer la soirée à me gaver de frite devant Allemagne-Portugal, avec en prime un whisky-coca, je vais reprendre où je me suis arrêté.

Vendredi matin, réveil à 7h avec toujours le même mal aux jambes et aux pieds. Pour ne pas changer, mon petit déjeuner se compose de ma tisane verveine-menthe et d’une barre de céréales. Après une clope et un brossage de dents, il a fallu replier la tente toute humide à cause de la rosée. Mais c’est aussi tout un rituel : pliage et compressage du duvet pour le faire loger dans le sac et enroulage du tapis de sol, ce qui ne manque pas de le salir dans les cailloux, un petit brin de toilette pour se rafraichir et c’est reparti avec les 15kg sur le dos.

Cinq minutes après mon départ, une camionette du service communale s’arrête où j’ai dormi. Je viens peut-être d’éviter de me faire réveiller et virer dès le premier jour.

Etant donné l’état de mes pieds, je décide qu’aujourd’hui sera de l’auto-stop. Je marche quelques kilomètres, interminables à cause de la douleur, pour arriver sur la route Nantes-Ancenis. Après quelques centaines de mètres, je trouve enfin un endroit propice pour faire du stop. Moins de cinq minutes après, un jeune s’arrête et m’amène jusqu’à Ancenis. Je traverse le rond-point et cinq minutes plus tard, c’est un couple de trentenaires qui me prend et me dépose à Saint Georges sur Loire. Le temps de fumer une petite clope et je m’y remets. Environ cinq minutes plus tard, une cinquagénaire m’amène jusqu’au centre d’Angers. Mes parents essayaient de me convaincre que le stop ne marchait plus de nos jours. Soit j’ai vraiment une bonne tête, soit ils ont tord.

Une fois à Angers, je me suis trainé jusqu’en dehors de la ville, avec les pieds plus douloureux que le matin. J’ai fait une petite pause soucisson en attendant de manger mon riz à Saumur. A peine reparti pour trouver un endroit ou faire du stop que je dois m’arrêter pour mettre un nouveau pansement sur trois ampoules cote à cote. Compeed, ça fait du bien où ça fait mal. Je traverse le parking d’un centre commercial et je commence à faire du stop sur la route de Saumur. Si j’avais les pieds en état, j’aurai préféré la campagne plutôt que de devoir traverser le béton et les parkings de Quick.

A peine plus de cinq minutes plus tard, ma clope à peine commencée, un mec d’une quarantaine d’années me prend. Un gars gentil mais bien bouseux, qui s’adresse à moi à la troisième personne : “y peut r’monter la fenêtre si l’a trop d’air”. N’ayant pas compris sur le coup, je sors un vulgaire “hein ?” et il me répète : “vous pouvez remonter la fenètre …”. Note pour plus tard, la troisième personne est une formule de politesse, certes un peu rustre mais attachante.

Il me dépose à Mazé, à 29km de Saumur. Je marche 300m jusqu’à un parking en bordure de route et je reprends le levé de pouce. Au passage, lever le pouce, c’est vite fatigant quand on a pas l’habitude.

Et là, pour une fois, j’attends plus de 25 minutes en plein cagnard. Une camionette de jeunes cons fait mine de s’arrêter pour se foutre de ma gueule. Y’a vraiment des baffes qui se perdent. Mais l’instant d’après, j’entends des coups de klaxon derrière moi et je vois une autre camionette arrêtée à une centaine de mètres. Au début, je suis sceptique, redoutant de faux espoir, la camionette étant arrêtée après le parking. Pourtant la personne me fait des signes. J’avance pour me rendre compte que c’est une charmante jeune fille et non la famille qui m’avait croisé au même moment. Elle me demande où je vais et m’embarque dans son véhicule.

Céline a en fait 31 ans et est en route pour Beaugency. Elle est comédienne, un peu babacool, et se rend là-bas pour animer un labyrinthe de maïs. Beaugency se situe entre Blois et Orléans, c’est à dire exactement sur ma route. Après un momet d’hésitation du au fait que je n’ai toujours pas mangé et que la route me file la nausée, j’accepte d’aller avec elle jusqu’à Beaugency. Ca serait tout de même con de laisser tomber une bonne rencontre, d’autant plus qu’elle me propose de squatter avec elle et les autres comédiens au camping.

Voila donc comment j’e me suis retrouvé au camping “Val de flux”. J’ai rencontré Vincent, Denis, Clémence et Yohan, ses camarades comédiens qui travaillent avec elle, et depuis deux jours je me la coule douce en campeur du dimanche. Le stage de survie est encore loin à ce stade.

Si j’ai le temps d’écrire ce soir c’est qu’ils font tous une nocturne de 22h à 2h où le but est de faire flipper les gens et pleurer les enfants, déguisés en sorcières, loups, lépreux, fantomes, … Les consignes peuvent paraître un peu extrêmes, mais elles semblent bien à l’image du patron de ce mini parc à beaufland.

Ce Jean-Claude est décrit comme un facho qui se prend pour le parrain de sa petite mafia à Beaugency. C’est drôle vu d’ici.

Ce soir, j’ai raté une occasion de participer à l’animation. Il manquait un comédien et Vincent m’a appelé en renfort. Malheureusement j’avais éteint mon portable et j’ai eu le message 3h plus tard. Je viens de rater une bonne partie de rigolade et 45 euros. C’est peut-être partie remise.

Lorsque le vent porte et traverse la Loire, j’entends les fantomes du maïs pousser leurs cris dans le labyrinthe hanté.

La fatigue me gagnant, je vais en rester là pour ce soir, d’autant plus que je ne me sens pas assez seul pour écrire des centaines de pages par jour. Et puis, il y a un pc portable, une guitare, Flo a essayé de m’appeler; je me sens décidément pas en survie, à mes limites.

Bonne nuit à moi.

Mardi 11 juillet 2006 1:22

Ce soir, ça a beaucoup discuté avec Clémence, Céline et Vincent. Pour la première fois depuis des mois, j’ai écouté. Je n’ai presque pas parlé. Céline a longuement parlé de la mort de ses grands-pères et ça a fait remonter les morts de mes placards. Le whisky et le pèt’ n’aidant pas, j’en ai eu les larmes aux yeux. J’avais oublié la tristesse et la douleur depuis quelques jours. La sensation est bizarre, je ne me sens pas seul et pourtant je le suis. J’aurais besoin d’affection et pour une fois, je n’ai personne vers qui me tourner. Ce n’est pas celle de Flo qui me manque, car là où je suis, vu la situation, je vis sans, sans trop de peine. J’aurais bien aimé que Céline me rassure, sans qu’il n’y ait de connotation sexuelle derrière. En effet, j’ai fantasmé sur les voisines hollandaises toute la journée, mais ce soir, je voudrais juste une grande soeur qui me sert dans ses bras. Enfin un peu plus bien sûr, mais je ne veux pas pour autant coucher avec Céline. Juste pour être dans des bras qui me rassurent.

Je repense à Cédric et au serment que je me suis fait de ne jamais le laisser tomber. Comment en est-on arrivé là ? En plus, j’ai rêvé de lui cette nuit.

Cédric avait été  mon meilleur ami pendant une vingtaine d’années et sortait alors avec Flo depuis 3 ans.

Demain, ça ira surement mieux.

Pour ce qui est du train-train quotidien, aujourd’hui, on est allé sur une petite plage à coté du camping et on s’est baigné dans la Loire avec Yohan, Clémence et Vincent. Résultat des courses : on est rouge et on a bien chaud maintenant. Mais Céline m’a mis de la crème, ça fait du bien.

Demain, c’est mon avant-dernier jour ici, et après je remets les voiles vers le Luxembourg. Je ne voulais pas m’arrêter plus de deux jours dans un endroit, mais là c’est raté. Même si je ne peux pas encore affirmer que je me suis réellement attaché à ces comédiens du Maïs, les quitter sera dur tellement je retrouve les joies du camping de l’adolescence.

Allez, je m’en vais cuire dans mon duvet.

Mercredi 12 juillet 2006 13:09

Hier, je suis allé voir les hollandaises quand tout le monde s’est couché. On a discuté et bu du vin rouge. Mais ce coup-ci, je n’ai pas pu m’empêcher de raconter la vue pendant 2h, peut-être parce que c’est plus facile de parler anglais que de comprendre. Ce matin, elles sont venues prendre le petit déjeuner avec nous. Maartje and Crystel are very nice girls :-)

Aujourd’hui, je passe la journée avec Céline et Denis, ça va changer pour mon dernier jour. Bon, même si Céline est pas d’une humeur folle ce matin, ça devrait être cool, paisible. Finalement ce midi, j’ai pas grand chose à raconter. Je pense au départ. Hier, je me sentais encore seul. J’écoutais plus Noir Dez que la conversation théâtreuse. La durée du séjour est parfaite, il commence à être temps que je parte.

Demain, la suite racontera le départ de Beaugency et la route jusqu’à Luxembourg, mon premier point de chute prévu.

June 22, 2009

Bordel Ambiant

Mythos Dresden - Acte 1

Il y a trois ans, presque jour pour jour, je venais d’obtenir mon diplôme et je m’apprêtais à fuir. Partir à l’aventure comme j’avais toujours rêvé de le faire mais contraint à l’exil à cause d’un si banal chagrin d’amour. Et comme dans tout mal il y a un bien, la douleur était alors telle que je n’avais plus aucune peur de quitter mes amis, ma famille, mon confort.

Ce qui va suivre est la retranscription du carnet de route que j’ai tenu lors de mon périple jusqu’à Dresde, en Allemagne. Je suis parti avec quelques points de chute en tête mais les objectifs avaient au départ bien moins d’importance que la force qui m’a poussé pendant un mois et demi dans cette fuite en avant.

Dans ce qui va suivre, le contenu de mon carnet de route sera écrit comme ceci, sans être retravaillé, avec les fautes d’origine (sauf les plus grosses :-) ), et les annotations rajoutées pour votre compréhension seront en italique. J’espère pouvoir vous transmettre ce voyage aussi bien intérieur que sous le soleil de ce bel été 2006 de la manière dont je l’ai vécu. En route pour la Neustadt !


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Prologue

Lundi 3 juillet 2006 00:38, La Roche sur Yon.

Je passe mes dernières heures devant l’ordinateur avant un long moment. L’heure du départ approche.

Je voulais partir par colère, par envie de tout laisser derrière, tout le monde. Mais aujourd’hui, je ne me sens plus autant poussé vers l’aventure, peut-être parce que la peur de rester s’est rabaissée au niveau de la peur de partir, ou l’inverse. Ce qui est sur, c’est que rien ne me retient à La Roche. Et le fait que Flo ne semble pas mesurer les conséquences de mon départ ne me donne plus envie de rester pour elle.

J’ai vraiment l’impression d’être nulle part. De retour à La Roche, je n’y retrouve plus que ma famille. J’y rejoins Flo aussi. Donc uniquement ma famille … Dans trois jours, je serais vraiment nulle part. Injoignable par téléphone, personne ne saura exactement où je suis, et sans être au courant de ce qu’il advient de moi, je n’existerai plus au travers des autres. Livré à moi-même, mon existence ne relèvera que de mes actes et de mes pensées et pas de la perception qu’en ont mes proches.

j’ai l’impression d’écrire pour ne rien dire, juste histoire de passer le temps en attendant que le PC ait fini son boulot. Je crois aussi que je veux me familiariser avec ce nouveau cahier qui va me suivre durant ce périple. C’est peut-être aussi l’occasion de laisser quelques lignes qui me rattachent à La Roche. Mais c’est surement parce que je n’ai rien d’autre à faire à cet instant que j’écris. Ecrire, c’est parler à son ami imaginaire, à sa conscience, au monde. C’est se sentir moins seul.

Finalement, si je pars, c’est bien parce que cette solitude du voyage ne m’effraie pas plque que la solitude que je ressens ici. Pourquoi est-ce que j’aime tant Flo ?

Quand je serai parti, au moins il y aura surement moins de pensées tordues et plus de faits à raconter ici. Ou alors autant des deux et les nuits seront courtes. Une chose est sûre : je vais avoir chaud.

Première nuit

8 juillet 2006 20:22, Beaugency.

Ca fait deux jours que je suis parti et le voyage prend une toute autre tournure. Je pensais souffrir physiquement et moralement, mais les faits sont bien différents. Je suis allongé sur une couette au bord de la Loire, et quand je dis au bord, c’est à quelques mètres. Face à moi, j’ai le droit à un beau couché de soleil sur la ville (qui semble plus médiévale que renaissance).

Si j’ai le temps d’écrire ce soir, c’est que mes cinq compagnons sont partis travailler. Mais avant de raconter tout ça, je vais d’abord reprendre depuis le début.

J’ai quitté mon appartement, et Gaël par la même occasion, jeudi vers 15h. Je suis passé à l’office du tourisme à Nantes pour trouver le départ du GR3. A peine parti, je me suis acheté un flan au chocolat dans une patisserie, peut-être pour profiter une dernière fois au luxe qu’offrent les villes. Enfin surtout parce que j’avais faim en fait. J’ai filé qu’à l’endroit où se jette l’Erdre dans la Loire et j’ai trouvé le départ de mon chemin.

Gaël et moi jouions à l’époque dans le même groupe de rock, feu VoX :-p c’est toujours un ami proche et le deuxième auteur de ce blog.

La première partie n’était pas très passionnante : de la marche sur des trottoirs ou des chemins de cailloux entre la ville et le fleuve. Mais une fois sorti de Nantes, l’expédition est devenue plus rurale. J’ai longé Saint Luce où on découvre des sortes de bidonvilles faits de mobil-homes, de cabanes en bois et de rottweilers dans les jardins, la banlieue nantaise à son paroxysme en somme. Et pour ajouter au dépaysement, quelques carcasses de voitures, calcinées ou non, agrémentent le paysage trop vert pour la métropole. Cependant, le décor revient au propre après Sainte Luce, et de Thouaré à Mauves sur Loire, les chemins et les pistes se succèdent inlassablement. Tout comme se sont succédées les averses et les éclaircies. A part les jambes, j’ai réussi à rester au sec sous mon poncho, et heureusement, je n’aurai pas voulu me coucher trempé.

Mon objectif pour cette première journée était d’atteindre Mauves. Sur les panneaux, le parcours indique 13,5km. En comptant le départ de Commerce (la place du commerce dans le centre ville de Nantes), ça doit bien m’amener à 15km, ce qui me semblait un bon début pour une première demi-journée. Arrivé à Mauves, j’ai décidé de trouver un coin où manger, et vu le temps incertain, sous le pont traversant la Loire me semblait la meilleure idée. Mon premier repas à commencé au saucisson, et au moment de penser à me faire du riz, j’ai pris conscience que le reste de la bouffe était dans le fond du sac. Mauvaise organisation. Il devait être entre 19h et 20h ou peut-être un peu plus. Il s’avérait plutôt judicieux de trouver un coin où dormir et où déballer le sac pour finir de manger. C’était un premier cap car la carte du GR3 que j’avais récupéré à l’office du tourisme s’arrêtait à Mauves. Je partais donc enfin pour l’inconnu. Je me suis alors engagé sur la suite du sentier, suivant les balises blanches et rouges du GR pour un putain de trajet entre la voie-ferrée Nantes-Angers et une haie épaisse m’empêchant d’aller camper dans les champs. J’avais déjà les pieds en feu depuis Thouaré et une ampoule avérée. Après quelques interminables kilomètres, je suis enfin arrivé sur un petit terrain plus dégagé. Toujours les rails à gauche, mais un étang et des champs à ma droite. Face à moi, le chemin se transformait en une petite route pavée qui montait jusqu’au passage à niveau du Cellier. A vu de nez, j’avais du faire près de 20km et je n’en ferais pas un de plus. Je me suis arrêté au bord de cette route sur une petite terrasse en herbe de quelques mètres, surplombant l’étang et les champs en contrebas.

Il m’aura fallu remplir deux fois mon réchaud à alcool pour réussir à faire cuire mon riz, avec pour seuls accompagnements un peu de sel et un cube de bouillon. Pour l’anecdote, mon réchaud est fabriqué à partir d’une canette de coca en suivant des plans trouvés sur le net (http://www.randonner-leger.org/wiki/doku.php?id=p3rs). Le rendement est pas si mal vu la simplicité de l’outil.

Après une tisane en guise de dessert, je me suis occupé du montage de la tente alors que la nuit commençait déjà à tomber. Mais ce qui devait me prendre dix minutes a pris près d’une heure car le sol était pourri. Sous les trois ou quatre centimètres de terre molle et trempée, il y avait de la pierre et rien que de la pierre. En plantant les sardines parfois quasiment à l’horizontale et à l’aide d’un peu de paracorde, j’ai finalement réussi à faire tenir sommairement ma nouvelle maison de fortune. Il ne me restait plus qu’à prier qu’il ne pleuve pas.

Cette première nuit, il n’a pas plu.

La suite demain soir

June 17, 2009

Bordel Ambiant

Shaka Ponk - Bad Porn Movie Trax

bpmtStyle : Electro Punk Rock
Date de sortie : 25 Mai 2009

Deuxième Opus du groupe de Goz (Ce fameux singe virtuel sur la pochette qui chante et qui bouge la tête au rythme de la musique), faisant suite à Loco con da frenchy talkin’

Shaka Ponk est un groupe français, installé à Berlin, avec des titres en Anglais/Espagnol (et autres ersatz de langues), autrement dit, un groupe cosmopolite. Mais pas seulement, car on retrouve cette diversité dans leur style… Si on voulait le nommer ça ressemblerait à de l’electro punk rock avec des touches de tout et de rien (le mieux reste d’écouter pour s’en faire une idée)

Vous avez donc peut-être déjà entendu le titre How we kill stars sur les ondes FM ou à la télévision (ils sont passés récemment dans l’émission Taratata), premier single de cet album énergique.

J’avoue ne pas connaître beaucoup l’album précédent, à part quelques titres (donc l’excellent Hell’O), je vais difficilement pouvoir comparer (je l’écouterai surement afin de faire un edit de cette critique :-) ), de ce que j’en sais le nouvel LP s’inscrit dans la continuité du premier.

L’album nous plonge direct dans cet univers avec énergie, le titre Twisted Minda est d’une puissance assez efficace, et on a très vite affaire à cet intelligent mélange de guitares rock, d’un chant à la fois puissant et barré, et aux sons électro venant édulcorer le tout ! Et on traverse l’album avec d’autres titres donnant la pêche, comme Prima Scene, Some Guide ou Gotta Get Me High. Le single How we kill stars n’est pas en reste bien sûr…

Mais la bande de Goz ne se cantonne pas aux titres rock puissants, on a des morceaux aux tempos plus lents comme Mad O You, ou des titres tirant plus vers le Funk comme Sum’ Luv’, le reggae avec Alak’okan, ou encore Make it mine jouant plus sur les percussions que sur les grosses guitares. Le tout toujours en gardant une touche de rock.

L’album se termine sur un Just A Nerd au tempo rapide, venant fermer l’album,  mais je ne dirais pas qu’on ait gardé le meilleur pour la fin.

En résumé, on a ici un concentré éclectique d’énergie dans une galette, mêlant les grosses guitares, les beats électro, grosses batteries, et surtout le gros de ce qui fait Shaka Ponk, le(s) chant(s) de Goz, bourrée d’effets (parfois presque un peu trop ?).

Amateurs de rock, et envies de nouveau son, n’hésitez pas à écouter cet album (sur les plateformes légales bien sûr ;) ) ne serait-ce que pour vous faire une meilleure idée, une écoute vaut mieux qu’un texte !

Le CD apporte quant à lui comme plus le livret - très bien réalisé soit dit en passant, qui en plus des paroles des titres, donne pour certains morceaux des commentaires faits par le groupe.

A suivre : Le groupe est aussi à voir en live, car le visuel n’est pas délaissé, avec la présence de Goz sur grand écran !

La vidéo du single How We Kill Stars :

Les sacs Super U, pas si recyclables que ça

Juste un tout petit billet ce midi pour raconter une petite anecdote de la semaine dernière. Suite à mon déménagement de la colloc, j’ai hérité de quelques sacs Super U, les gros solides. Ils nous servaient à mettre le verre pour l’amener dans les containers et étaient donc passablement dégueulasses, de la bière, du vin et tout sorte de choses ayant coulé dedans. Je me suis dit que j’allais pas me faire chier et les ramener à Super U, qui dit les reprendre pour les échanger. La personne de l’accueil les regarde et me dit qu’ils ne reprennent que les sacs troués. Je lui ai demandé si elle les reprendrait si je faisais des trous dedans mais ça l’a laissée perplexe.

Finalement, face à son manque d’enthousiasme, je les ai jetés dans la poubelle à la sortie du magasin. Autant j’aime bien Super U pour leurs produits Bio, autant là ils me déçoivent. Et oui, j’aurai pu les nettoyer, mais j’avais pas le courage (fouettez moi !!) et surtout pas besoin d’autant de sacs.

June 15, 2009

Julien (jd)

I will tile your face

Whoever defines awesome as a tiling window manager should think twice before saying such a thing.

In that case, I'll change some software description also:

A software being able to do something do not mean that the software is meant to be something. You can browse FTP servers with Firefox, but it's not mainly a FTP browser. You can send mails with Thunderbird, but it's not mainly what it does. You can edit text with OOo, but also do some spreadsheets stuff. You can play games with GNOME, but you can also do plenty of others stuff. You can write Zope and its applications with Python, but that does not mean Python is Zope.

So you can definitively do tiling window management with awesome, but you can do a lot more. It's not its primary feature. So it's not a tiling window manager.

Bordel Ambiant

Killswitch Engage au Bataclan \m/

killswitch-engage-band1

Lieu : Le Bataclan, Paris
Date : 11/06/2009

Désolé pour cette absence un peu prolongée, mais un déménagement plus des déboires avec Free font que j’ai plus le net à la maison.

Ce petit article pour vous raconter le concert de KSE à Paris jeudi dernier que m’a offert Gawel pour mon anniversaire, MERCI encore ;-). Déjà, je commence par découvrir la queue à l’entrée de la salle. A nantes, on arrive 1/4h avant et on rentre à l’heure. Là, 1h30 avant le début du concert, le trottoir est déjà bondé sur plusieurs dizaines de mètres. Début de la première partie, Dir En Grey, vers 20h et nous n’avons pas regretté de nous être installé sur les balcons. 1h15 de métal-rock expérimental japonais, inaudible, mal sonorisé. Tout n’est qu’affaire de gout mais Dir En Grey, c’est aussi moche musicalement que visuellement. Un chanteur sans charisme habillé en Monsieur Mégot du Petit Spirou, un bassiste genre indochine/tokyo hotel et un public féminin émo un peu navrant. La jeunesse se perd :-p Hormis les ptites bagarres verbales entre les deux publics (des “ta gueule” ont fusé quelques fois), le concert s’est bien passé (mais bien trop long à supporter).

adamdArrive ensuite Killswitch Engage après le changement de plateau. La fosse s’était vidée et nous avons pu profiter du groupe d’assez près. Le gros son est de sorti, les morceaux toujours aussi clean et le jeu de scène toujours aussi pêchu. Adam, toujours aussi barré, court partout et nous lance comme premières paroles : “We are here to drink all your beer and pee on your girlfriends”. Sacré Adam, et je suis sûr que c’est un nounours dans la vie civile :-) On a eu le droit à My Curse, Bid Farewell, The Arms of Sorrow, Last Serenade, The End of Heartache … ainsi que Holy Diver (reprise présente sur l’édition spéciale de As Daylight Dies) et Starting Over, une chanson du prochain album sortant à la fin du mois. Dès les premiers morceaux, Killswitch nous a fait faire un grand cercle dans la foule qui s’est transformé en un gigantesque pogo. Il y a également eu un Braveheart :-) mais globalement, public métalleux très cool et pas méchant pour un sou.

Plus le concert avancait et plus ça headbangait, plus on se rapprochait et plus ca prenait aux tripes. On garde juste une impression de pas assez quand le concert s’est terminé après une heure de set. Ca m’a quand même donné une bonne occaz de sortir mon t-shirt KSE/Take This Oath et j’espère bien pouvoir recommencer smiley_metal

Et en bonus, un extrait du dvd live pour vous donner une idée de ce qu’on a vécu :

May 27, 2009

Julien (jd)

awesome logo and Web site design contest

I've just announced it.

April 29, 2009

Julien (jd)

awesome is bloated

That's just something I hear from time to time, and I love it so much.

Fluxbox: 65010 SLOC

Metacity: 62923 SLOC

Openbox: 36336 SLOC

awesome: 19207 SLOC

April 16, 2009

Bordel Ambiant

D’autres vies que la mienne

d_autres_vies_que_la_mienneAuteur: Emmanuel Carrère
Broché: 309 pages
Editeur : POL (5 mars 2009)
Collection : FICTION
Langue : Français
ISBN-10: 2846822506
ISBN-13: 978-2846822503

Régis m’a parlé de ce livre car il en avait lui-même entendu parler. Il m’a dit que ceux qui l’avaient lu avait été profondément touchés, bouleversés, qu’il provoquait une certaine destruction intérieure pour laisser place à la reconstruction. Ce livre est le témoignage d’Emmanuel Carrère sur deux événements qui l’ont touché : le tsunami et la mort de sa belle-sœur.

“D’autres vies que la mienne” nous parle de la mort, de la vie et de l’amour au travers de deux Juliette. La première meurt emportée par la vague au Sri Lanka alors qu’elle n’avait que quatre ans. La deuxième meurt d’un cancer, laissant derrière elle un mari et trois petites filles.

Emmanuel Carrère a ce don pour parler avec justesse, et vous l’apprendrez au fil de mes billets, je chéris la justesse. Chacun y trouvera sa part de vérité mais je vais vous raconter la mienne. L’auteur est un écrivain égocentrique, qui raconte deux histoires sans lien si ce n’est lui-même, la mort et sa métamorphose. Pourtant, il nous raconte avec humilité le courage de sa femme face au désastre du tsunami, lui restant là, penaud. Et puis, il nous transmet avec respect l’histoire de Juliette, sa belle-soeur, au travers du témoignage d’Etienne, un juge d’instance qui travaillait avec elle. Juliette et Etienne ont été de grands juges, à partir de cette affirmation, nous plongeons dans ce que la vie a offert à des gens cassés par la maladie. On flotte au milieu de l’amour entre des hommes et des femmes, entres des parents et leurs enfants, et sur la complicité entre deux collègues.

D’un thème qui pourrait glisser vers le glauque, la mort, on nage dans la beauté des relations humaines, de l’hédonisme et de la vérité dite avec justesse. Les larmes montent aux yeux à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’on ne les retienne plus. Sans honte, on pleure de douleur et d’émerveillement en même temps. On se sent mal et bien à la fois et on espère que finalement, l’heure venue, on mourra aimer comme ces gens-là l’ont été.

Des avis et un extrait sont disponibles sur le site de l’éditeur.

April 15, 2009

Julien (jd)

Taking the other direction

I've started to develop awesome more than 18 months ago, and somehow I feel it's time to stop a bit and think where we come from and where we are going to.

The motivation

I never though I'd be written a window manager one day. That seems kinda stupid when you see how many window manager there's around.

As many people, I've tested and have been using tons of window manager: Window Maker, Fluxbox, etc.

In August 2007, I was using fvwm since 2004 and was quite happy with it. I used the famous fvwm crystal as a configuration starter and then rewrote lots of stuff. Digging into fvwm configuration files was boring, and since I'm lazy, I never really configured it to fit entirely my needs.

The thing is that, in July 2007, my workstation died. I bought a new one based on the amd64 architecture. Too bad, with this new box, fvwm decided that it will not longer runs and was segfaulting almost every time I logged in.

I was really upset. Another failure in the window manager world. So I decided to get the yearly ride of testing many window managers. I went on the no more developed stuff like the *boxes, ion3, etc… but well, I did not like them, there were not powerful enough, too bugged or upstream was insane.

Then I found xmonad. The Haskell configuration file format made my cry. I did not want to learn Haskell, it seemed too obfuscated to me. At that time it was even not packaged for Debian, so I gave up. But I found dwm in the meantime, and I loved it. It was simple, and the source code was almost understandable and easy to hack.

I subscribed to the dwm mailing-list, in order to participate to its development, etc… But I got really disappointed. No patch were welcome and the development seemed to be almost finish in this sight. People patches were lying around, but no one really care. Each user was managing its own set of patches.

That's not what I learnt and what I love in free software. So, as many users, I began to maintain my patches in my corner. But I began to have more ideas…

The jdwm

I just added a 'j' in front of dwm and started to hack it days and nights to add many feature I missed, like multi-head, etc… On 5th September 2007, I created a git repository to host my code.

That's gonna be… awesome.

Five days later, on 10th September, I finally found a name for my new pet: awesome, borrowed from Barney Stinson who heavily uses and abuses this word.

The 1.x branch

The first releases until December were noted 1.x. It was just a better dwm with a simple flat configuration file.. The configuration file used libconfig, but it was a very poor choice. And I was not able to put in into Debian because of name clash.

The 2.x branch

The 2.x branch came in January 2008 with a brand new configuration file format based on libconfuse, which was a bit more powerful. Many concepts and features that have been added in this branch are still used in the current 3.x branch.

At this time, between December 2007 and April 2008, the community was growing smoothly.

But as I said, awesome 2 was based on a flat configuration file. That raised a problem very soon: users expectation were growing and the development team (me and a couple of regular contributors) was unable to cope with them.

One of the event that started to change my mind was the support for titlebars.

When I've added titlebar support, it was minimal. It was on top of a window, with the window title. Dot. Then I've started to add a lot of options, like the application icon drawing, the position (left, right, bottom) etc.

And then users started to ask for more, like: "add titlebar on windows only when the window is floating".

That's ok, but that's complicated: that's again another option to do some stuff conditionally. And then, why don't add titlebar on windows when <insert random events here>?

The 3.x branch

Why

At that time, around April 2008, I'd totally stopped development. I was trying to find a solution which was simple and powerful. But after 2 weeks of thinking, I was not able to find anything else than: use a real language for configuration.

So, I've started prototyping awesome 3 using Lua. The choice was not obvious, and despite the problem Lua might suffer, it's one of the easiest language to integrate into an existing application. There's still a video of a first version here.

But, let's go a little back: in January 2008, Arnaud Fontaine contacted me because he was interested to use awesome as one of its school project. He decided to port awesome from Xlib to XCB, a modern asynchronous X library.

His work took some time, but in May 2008, Arnaud did finished to port git master version of awesome to use XCB.

Consequently, I decided to start a new major branch, using XCB instead of Xlib (no change for users in this regard) and Lua instead of our previous flat configuration file format.

Development

It took me a while to get from here to there, but in September 2008, it was ready. We had a simple Lua API, and the XCB port was working perfectly.

It took us some time to release and have something totally working, because we had to work on XCB and contribute back to the project. It was really not ready to use by an application, but we did great work in this area and it's now really fine.

We're still here

Releases continue to happens, 3.1 around December 2008, and 3.2 around March 2009. 3.3 should be here in June.

One of the drawback we had, is that we moved many stuff from C to Lua. Why? Because writing things in Lua is quicker and easier to maintain than C, and makes thing more configurable for the user.

For example, the layout algorithm used to organize window were written in C until 3.2 came out. At that time, users had no choice than using a set of predefined layout to organize their windows.

Starting with 3.2, if they have minimal knowledge about geometry, they can start writing a layout function organising windows on the screen.

But this kind of API changes was a bit rough for users, since they had to port some part of their configuration file to the new API. The thing is that the project was still a teenager at that time, not really knowing were it will go. But I'm happy to announce that API breakage are more and more rare (so far only one minor between 3.2 and 3.3), and anyway always for the Good.

But I admit that it built a bad reputation around awesome 3.x during its first month of existence.

Future direction

I am currently working on 3.3 development. We have still many things to do. Time passing, we get more idea, and more users. And more users bring more ideas. We also have many more contributors, and some guys are even taking maintainer-ship of some code area.

Conclusion

My post title is "Taking the other direction" because I feel this way.

I've got that feeling that some approaches in projects like GNOME are sometimes bad. Please don't misread me, I know we are not playing in the same yard.

When adding a key shortcut for starting an application makes you dig into gconf, I wonder how this is a win for the user.

Well, it's probably a win for the end-user, but I surely am not one of them. And I don't intend to target them with my software, anyway.

And now, when I hear things like GNOME 3.0 and the "desktop shell" approach, that makes me smile. Guys, it was time, but have luck. What I see from here, is that any desktop control interface is wrong somehow, and that there's no approach that can fulfill all users wishes.

I think that we, the awesome development team (no pun intended) took the direction of building a frame-work window manager rather than a solution written in marble.

We (partially) solved the issue of UI ergonomic by not writing one and allowing the user to write his own. I don't say that's easy to do for most of users, but it's doable.

And I think it's worth it: I use window managers since I use Linux, around 1998. If something like awesome came 5 years ago, I'd be using it so far, because you can write Fluxbox or WindowMaker using awesome in a hundred of Lua code. And you can write your own version of it. And it starts in less than 3 seconds, supporting almost all standard desktop specification (ICCCM, EWMH, XDG, system tray, message notification, D-Bus, etc), whereas many of the window mangers do not.

You can even write and play space invaders.

Finally, I'm happy about the the road we took so far, and hope we will continue into that direction. The rants I read about our project are not that big, compared to the kudos we received.

April 14, 2009

Bordel Ambiant

La vague

lavague Film Allemand réalisé par Dennis Gansel
Titre original : Die Welle
Avec : Jürgen Wogel, Frederick Lau
Genre : Drame

Année de sortie : 2009

Dans le cadre d’un cours sur les sociétés, le professeur Rainer Wenger a choisi d’étudier le système autocratique. Il propose alors à ses élèves une démonstration par la pratique, dans une expérience grandeur nature de création d’un régime autocratique. Le but étant de répondre à une question : Une nouvelle dictature serait-elle possible dans l’Allemagne d’aujourd’hui ?

Une expérience vraie

Ce scénario prend son inspiration dans une expérience qui a été bien réelle : La Troisième Vague. Cette expérience a elle eu lieu aux États-Unis en Avril 1967, alors que les élèves du professeur Ron Jones se demandaient comment avait pu naître le régime nazi.

Cette expérience n’ayant laissé que très peu de preuves de son existence, on ne peut que supposer son déroulement. Bien que Ron Jones ait décrit plus tard son expérience, il se peut qu’il ait modifié les faits et beaucoup de doutes demeurent sur ce sujet.

Un contexte différent

Le film prenant place dans l’Allemagne moderne, ajoute un contexte particulier à cette expérience, et répond à une autre question. Si aujourd’hui l’Allemagne est peu fière de son passé, elle tend peut-être à se laisser aller à la lassitude sur la question de la dictature. “On connaît nos erreurs, ça ne se reproduirait pas aujourd’hui”. Mais est-ce aussi simple ?

En quelques jours, le professeur Rainer (ou Herr Wenger) réussit à mettre en place un système autocratique. En mettant en place une discipline (pour la prise de parole, la tenue, …) et une communauté. “La force par la discipline” d’abord, “La force par l’action” ensuite, qui permet aux élèves de se retrouver à créer pour la communauté… Puis à agir. Jusqu’à ce qu’on en arrive aux dérives d’un tel système alors devenu incontrôlable.

L’expérience montrera alors qu’on n’est peut-être pas aussi vigilant que l’on pense. Même si globalement cette histoire n’est que fiction - puisqu’elle sort l’expérience initiale de son contexte - elle a au moins le mérite de poser de bonnes questions. Sommes-nous certains que le pire est passé ?

L’oeuvre quant à elle est bien réalisée bien qu’usant de certains raccourcis un peu faciles. Les acteurs sont bons, et le film utilisant que très peu d’effets, fait montre d’un certain réalisme. Mais on ignore (subjectivité volontaire ?) comment la “Vague” atteint un si grand nombre de personnes alors qu’à la base stigmatisée (on pourrait croire à une lobotomisation), et surtout comment elle en arrive à sortir du contexte écolier pour atteindre certains extrêmes en dehors de l’établissement. Difficile de savoir si ça se passerait dans la réalité, comme décrit dans le film.

Quoi qu’il en soit, La Vague amène à réfléchir, sur la maléabilité de l’esprit (surtout adolescent) et sur notre attachement à la Liberté.

Les expériences psychologiques

La (Troisième) Vague n’est pas la seule expérience psychologique à avoir eu lieu. On peut notamment citer l’Experience de Stanford, mettant en scène des personnes lambda dans des rôles de gardiens/prisonniers. Cette expérience a elle aussi été adaptée au cinéma (dans une production allemande également).

Il y a également eu l’Experience de Milgram étudiant les (ré)actions de personnes soumises à l’autorité et permet de savoir jusqu’où celles-ci sont prêtes à aller.

Quelle sera la prochaine ?

Petit conseil : A voir en VO.

April 09, 2009

Bordel Ambiant

Hadopi rejetée à l’assemblée

Ce jeudi 9 avril, le vote à main levée des 36 députés présents a rejeté la loi “création et internet” avec 21 voix contre et 15 pour. Ce n’est peut-être qu’un sursis mais le gouvernement devra faire une nouvelle proposition de loi devant le sénat puis l’assemblée pour un nouveau vote. Et étant donné le calendrier surchargé des parlementaires, cela repousse au moins à quelques semaines ou mois une nouvelle attaque du lobby des majors dont l’étendard est bravement porté par Mme Albanel et M. Riester.

C’est une bataille gagnée par l’opposition et pour tous les opposants à ce projet de loi tordu mais continuons à rester vigilant, le gouvernement n’en serait pas à son premier passage en force.

edit 09/04 - 15h35 : le gouvernement souhaite proposer le projet de loi en 2e lecture au sénat et à l’assemblée, cette dernière pouvant statuer définitivement sur l’adoption du texte. En effet, comme le prévoit la constitution :

Si la commission mixte ne parvient pas à l’adoption d’un texte commun ou si ce texte n’est pas adopté dans les conditions prévues (…), le Gouvernement peut, après une nouvelle lecture par l’Assemblée Nationale et par le Sénat, demander à l’Assemblée Nationale de statuer définitivement. En ce cas, l’Assemblée Nationale peut reprendre soit le texte élaboré par la commission mixte, soit le dernier texte voté par elle, modifié le cas échéant par un ou plusieurs des amendements adoptés par le Sénat

Reste à savoir quel texte sera soumis (celui issu de la CMP ou celui issu de l’assemblée) et quand. Roger Karoutchi annonce cela pour la rentrée parlementaire, à partir du 28 avril donc.

source : numerama

April 07, 2009

Bordel Ambiant

La France des chiffres

On savait que le Saint-Chiffre (d’Affaires j’entends) imposait son règne sur notre beau Monde capitaliste… Mais depuis 2007 (année de l’avènement d’un certain gouvernement), ce sont d’autres chiffres qui régissent le pays. Je parle ici des objectifs de sanctions fixés par les hautes autorités…

Prenons l’exemple d’HADOPI dont nous avons pas mal parlé ici : Mme Albanel nous annonce à l’emporte pièce un objectif de 10 000 avertissements par jour, 3 000 lettres recommandées et 1 000 décisions par jour.

On peut prendre comme autre exemple celui de M. Besson, avec ses 26 000 reconduites à la frontière pour l’année 2009. (Rappelons que M. Hortefeux avait eu le même objectif, et étant un très bon élève, celui-ci l’avait largement dépassé affichant pas loin de 30 000 reconduites, chapeau !)

PV

Les chiffres dont je voulais vous parler aujourd’hui sont ceux qui ont été annoncés il y a de ça quelques semaines dans le magazine Auto Plus. Il s’agit des objectifs de contraventions à rédiger pour les fonctionnaires de “l’ordre” public. Parce que là il ne s’agit plus de sécurité routière malheureusement. Si à la base certains radars bien placés pouvaient effectivement améliorer la sécurité dans des zones dangereuses, ce point là (la sécurité donc) est devenu bien secondaire dans les mobiles de contrôles sur les routes. Voilà ce qui me gêne…

Alors on voit d’ici certains moralisateurs du type “suffit de pas dépasser les limites de vitesses”, ceux-là s’abstiendront s’il leur plaît, on connaît les limites à ne pas dépasser. Sauf que lorsque le contrôle se fait sur une autoroute complètement dégagée, sur une portion à 110km/h, passant à 130km/h 200m plus loin, et que vous êtes flashé à 120km/h, là on est très loin de la mesure de sécurité. Il ne s’agit même pas de vouloir rouler plus vite que la vitesse autorisée, juste une anticipation (à tort) de la future vitesse autorisée. Qu’on ne vienne pas me dire que dans ce cas on roule à une allure dangereuse, je n’en croirai pas un mot. Il s’agissait juste d’un des endroits les plus efficaces pour “faire du chiffre”…

Punissons l’individu moyen, c’est le plus facile à avoir, celui qui ne fait pas exprès d’enfreindre les règles, capable d’une faute occasionnelle comme tout être humain, et beaucoup trop honnête pour contester, ou ne pas payer. Celui-ci est la “vache à lait du gouvernement”, puisqu’en plus de ça il a les moyens de payer.

On dit merci qui ?

Edit du 08 avril 2009 : Autre chiffre, Eric Besson a reçu fin Mars dans une lettre rendue publique ce mardi un nouvel objectif qui est de 5000 arrestations dans l’année pour les personnes “coupables” d’aide à l’entrée ou au séjour d’immigrés en situation irrégulière. Si par cet intitulé vous pensez que l’état ne s’attaque qu’aux passeurs ou mafieux, détrompez-vous de suite, sont concernées toutes les personnes leur venant en aide, si vous hébergez un clandestin qui meurt de froid, que vous lui donnez un plat chaud et que finalement vous lui permettez simplement de survivre, vous êtes un criminel…

Dans cette même lettre est indiqué l’objectif de non pas 26 000 mais 27 000 reconduites aux frontières pour l’année 2009.

April 04, 2009

Julien (jd)

Still working!

Well, I'm not dead buddies. I was overbooked.

Last weeks have been a bit busy for me. I've also been on holidays, so I gave up on computers stuff a bit.

awesome

Big news: awesome 3.2 has been released some weeks ago, and seems to be a success so far. We're working on the new 3.3 release, which will have some new sexy feature you'll love. More on that later.

Debian

I've uploaded a new awesome-extra package with third party modules such as shifty or wicked.

startup-notification

I just managed to be added in the startup-notification group at Freedesktop. I moved the CVS repository to git and merged my set of XCB patches.

April 03, 2009

Bordel Ambiant

HADOPI, c’est fini

© régis leroy - Creative Commons by-nc-nd

© Régis Leroy - Creative Commons by-nc-nd

Tout d’abord, je tiens à préciser pour les quelques naïfs qu’il reste en ce bas monde que l’article précédent sur Hadopi et le volte-face du gouvernement était une grosse baleine d’Avril. Maintenant, par “c’est fini”, j’entends le débat à l’assemblée, Hadopi a bien été voté et est toujours là, à peu près aussi moche qu’au départ.

Je vais tenter d’expliquer sommairement ce que prévoit ce projet de loi maintenant que les amendements ont été votés à l’Assemblée Nationale. Le texte devra toutefois passer en commission mixte paritaire (7 députés et 7 sénateurs) pour que le Sénat, qui l’avait déjà adopté, et l’assemblée se mettent d’accord. Car même si nul n’est censé ignorer la loi, tout le monde n’est pas censé la comprendre, il se peut donc que je fasse des erreurs dans ce que je comprends du texte et dans ce que j’ai suivi des débats en direct. Je vous serai reconnaissant de me les signaler en commentaire (avec lien à l’appui si possible).

Ce n’est pas une sanction, c’est de la pédagogie !

Lorsque la loi sera mise en application, si cela arrive un jour, les ayants droit pourront interpeler la Haute Autorité pour enseigner la bonne parole aux contrevenants. Si c’est la première fois que vous êtes pris à télécharger illégalement, l’Hadopi pourra alors vous envoyer un mail vous notifiant que “télécharger saymal ca empêche Taxi 12 de sortir”. Si vous recommencez dans les 6 mois, rebelote, un nouveau mail et éventuellement une lettre en recommandé. Si vous persistez à vouloir pourfendre l’industrie de la culture (sic), vous pourrez voir votre connexion internet suspendue pendant une période allant de 2 mois à 1 an ou recevoir une injonction de protéger votre connexion grâce à un outil de sécurisation labellisé par l’Hadopi. Il sera également possible avant la sanction d’avoir le droit à une transaction avec l’Hadopi : vous vous engagez à sécuriser votre connexion et votre suspension sera réduite à une période allant de 1 à 3 mois.

Grâce à l’amendement n°319, vous aurez 30 jours après la notification de la sanction pour saisir un juge compétent et espérer obtenir un sursis pour la sanction.

Condamné deux fois pour la même infraction ? que nenni !

Il sera non seulement possible pour les ayants droit de saisir l’Hadopi pour “défaut de sécurisation de votre accès à internet” mais aussi d’aller devant un juge civil ou pénal pour délit de contrefaçon (toujours 3 ans et 300 000€). En effet, Mme Albanel et M. Riester font dans la pédagogie, vous n’êtes pas sanctionné pour avoir piraté des œuvres mais de l’avoir rendu possible par défaut de sécurisation, que vous ayez téléchargé, ou quelqu’un d’autre ait utilisé votre connexion. De là à inciter les hackers en tout genre à tenter de spolier la connexion de Mme la ministre de la culture (industrielle), il n’y a qu’un pas. Quand à la présomption d’innocence, on en est loin puisque grâce au sous-amendement n°183, on apprend que l’on subit une privation de liberté par une autorité non judiciaire sur une présomption de culpabilité et non sur des faits avérés. Fort, très fort.

L’avenir en 1984

Reste que le fameux mouchard, système de sécurisation à installer si l’Hadopi nous l’ordonne, n’est pas défini. Les spécifications fonctionnelles seront définies par décret, ou comment reculer pour mieux sauter. A priori, il s’agirait d’un programme ou d’une puce qui transmettrait constamment son état à l’Hadopi et chercherait des contenus protégés dans les paquets réseaux. J’avoue que là, si quelqu’un a compris mieux que moi je suis preneur, si bien entendu quelque chose de clair a été précisé dans ce projet de loi pour corbeille à papier.

Toujours est il que l’avenir ne s’annonce pas réjouissant. Même si je souhaite une mise en application de la loi pour montrer à l’industrie de l’aculture que même sans piratage, personne ne veut payer leurs merdes, on peut parier sur un nouveau projet de loi dans 2 ou 3 ans. En effet, il ne va pas falloir longtemps pour que les internautes passent sur des réseaux P2P cryptés, par des routeurs anonymisant ou vpn comme celui proposé par The Pirate Bay. Toujours dépassé technologiquement et idéologiquement, les députés de la majorité n’auront alors peut-être plus d’autres choix que de faire ce qui a été évité avec DADVSI et Hadopi : interdire des logiciels, voire pire, interdire le chiffrement.

Pour conclure, je ne vous recommenderai que de privilégier les petits labels et la musique libre de Jamendo.

HADOPI : Mme Albanel connaît bien son sujet…

Une petite intervention de notre chère Ministre de la Culture à propos du logiciel libre…

Christine Albanel - Logiciel libre

La question à la base n’était pas forcément plus claire :

Les dispositifs de sécurisation des ordinateurs sont à l’opposée des dispositifs que peut tolérer et accepter le logiciel libre. Ou bien vous considérez que le logiciel libre ça n’a pas d’importance, que vous décrétez l’indifférence nationale contre le logiciel libre, ou bien vous nous dites comment c’est compatible.

Comme on peut le voir, ce sont des connaisseurs qui nous pondent cette belle loi !

April 01, 2009

Bordel Ambiant

HADOPI : volte-face du gouvernement

hadopi_150pxLe projet de loi “création et internet” actuellement en débat à l’Assemblée et qui suscite une vive polémique dans toute la blogosphère a connu ce matin un revirement de situation spectaculaire.

Jugé liberticide par l’opposition, ce projet de loi vise en effet à sanctionner le téléchargement illégal par la coupure de l’accès internet (après avertissement par mail et courrier) sur délation des ayants-droits auprès de la Haute Autorité pour la Diffusion des œuvres et la Protection des Droits sur Internet (Hadopi). La quadrature du net ainsi que l’April entre autres ont très tôt pointé le caractère dangereux de cette loi mettant en péril l’accès à l’éducation et à l’information ainsi que l’impossibilité technique de filtrer tout le trafic internet pour détecter les réels coupables.

Face à la levée de bouclier de l’opposition et de certains députés UMP, le président Sarkozy a décrété ce matin le 49-3 pour passer le projet de loi en force soutenu par la ministre de la culture, Christine Albanel, qui a, pour l’occasion, remanié le texte. Tenant compte de l’inapplicabilité technique de la loi débattue à l’Assemblée, l’Hadopi sera désormais en charge de certifier les contenus artistiques pour créer une “liste blanche” des œuvres autorisées au téléchargement (et non plus uniquement des plates-formes légales comme débattu dernièrement). Ces téléchargements seront alors financés par la restructuration du bouclier fiscal et les œuvres non certifiées seront déclarées illégales. Leur téléchargement, échange ou écoute sera puni pénalement d’un an emprisonnement et 10 000 euros d’amende. En outre, le fameux mouchard prévu pour controller le trafic internet devra être installé sur tous les ordinateurs connectés à internet et permettra, en plus du trafic internet, d’envoyer le son capté par le micro de l’ordinateur pour s’assurer que l’internaute n’écoute aucune musique subversive. Ce cheval de troie permettra alors à l’Hadopi d’éteindre ou de formater à distance les ordinateurs des internautes déviants.

Le président et le gouvernement adoptent donc finalement, contre toute attente, une forme de licence globale comme réclamée depuis la loi DADVSI. Seul point d’ombre restant : les modalités de certification d’une œuvre par l’Hadopi seront définies lors du décret d’application mais la ministre laisse entendre que seules les œuvres non offensantes pour le Parti seront acceptées.

March 30, 2009

Bordel Ambiant

Sommes-nous une génération le cul entre deux chaises ?

L’alcool et la fête ont au moins cette vertu que la descente, entre 4h et 7h du matin, génère inévitablement de grands débats existentiels.

Quatre, tous proches, mais pour autant vivant des situations différentes. On travaille tous, depuis plus ou moins longtemps, mais certains ont des horaires de bureau, d’autres, des horaires à la con (restauration). Certains sont casés depuis plusieurs années, d’autres célibataires perpétuels, avec les différentes déclinaisons entre ces deux cas. Locataires, propriétaires, mais dans tous les cas pas encore 30 ans. Et tous le même constat, nos vies sont trop monotones, trop tracées, avec des rêves qui s’effacent.

Ni malheureux, ni vraiment heureux, on abandonne l’enfance avec une vie d’adulte moins prévisible que celles de nos parents et pour autant sans surprise. Nous savons que ca ne pourra qu’être pire autour de nous alors nous essayons de nous tailler une vie sur mesure. Mais quand on perd cette mesure justement, qu’on ne sait plus de quoi rêver ou que nos rêves, toujours aussi impossibles qu’il y a 10 ans, auront peu de chance de se réaliser, on se demande ce qu’on va bien pouvoir devenir. Élevés dans l’industrie du rêve, on se retrouve peut-être abatu par le pragmatisme de l’adulte, celui qu’on reprochait à nos parents quand ils nous disaient d’arrêter de rêver.

On se sent le cul entre deux chaises, pas vraiment adulte, plus vraim